Cabinets de Curiosité

L’histoire des Cabinets de curiosité de La Rambleur a commencé au printemps 2019. Disposant de trois vitrines donnant sur la rue du Petit Marché, en plein cœur du centre historique de Joinville, l’association souhaitait investir cet espace avec des objets qui fassent référence à l’univers de la littérature et des lecteurs. Une installation ayant comme thématique « le papier », support de l’écriture, mais aussi d’autres formes d’expression comme la gravure, la peinture ou la photo fut imaginée. Avec les beaux jours, les objets commençaient à occuper leur place. Curieux, les flâneurs observaient la transformation de l’ancienne boutique de photo fermée depuis longtemps. Certains demandaient s’il s’agissait d’un magasin de livres d’occasion, d’autres pensaient plutôt à une brocante ou à une friperie.  Un jour, un client du bistrot d’en face, un ancien imprimeur, a proposé de prêter quelques objets à La Rambleur, quelques documents imprimés qu’il gardait soigneusement. Il a apporté une ancienne presse, une affiche du septième centenaire du départ du Sir de Joinville pour la septième croisade et d’autres objets non moins singuliers.  Il a été suivi d’autres personnes qui sont également venues frapper à la porte, afin de déposer des objets pour enrichir la collection, mais aussi pour offrir une partie de leurs histoires à ce récit qui se racontait de façon inattendue et insolite. Ce principe de création collective nous a semblé un bon présage, un signe du fait que La Rambleur pouvait jouer un rôle intéressant par ses propositions culturelles et par son emplacement. Le contenu des vitrines était devenu hétéroclite comme l’étaient les anciens cabinets de curiosité. Ceux-ci exposaient de « choses » rares ou merveilleuses, afin de faire découvrir le monde, l’ailleurs, le lointain. Issues de la nature ou de l’inventivité humaine, ces « choses » étaient rapportées par de voyageurs et leur exotisme et authenticité étaient leurs qualités majeures. Les vitrines de La Rambleur accueillent des objets issus d’un autre voyage, celui de l’imaginaire de toutes les personnes qui contribuent pour que ses vitrines évoluent. Autant les appeler « Les Cabinets de curiosité de La Rambleur ».

A VENIR

Chacun cherche son train

Hiver-Printemps 2021.

Quelle métaphore symbolise le mieux la locomotive ? L’histoire commence en 1830, lorsque la ligne Saint-Etienne – Lyon est inaugurée.  Le premier train français fonctionnait à traction animale et était destiné au transport de charbon, mais il annonçait déjà l’arrivée prochaine des trains de passagers. Dès les premières évocations dans la presse, on sent déjà, d’une part, l’enthousiasme de ceux qui mettaient en avant les chemins de fer comme agent du progrès et du développement et par ailleurs, les craintes de ceux qui appréhendent les changements sociaux et expriment une sorte de nostalgie à l’égard de leur monde ancien voué à disparaître derrière les brumes de la vapeur. Conçu collectivement et en lien avec la thématique du troisième numéro de la Revue Amplitudes, ce cabinet de curiosité a exploité l’imaginaire contemporain autour des chemins de fer. Presque deux siècles après son apparition dans le paysage, le train fait partie de l’imaginaire collectif. Dans ce cabinet, de curiosité, la maquette de la gare de Wassy est sans doute l’objet qui “sort du lot”. Conçue par Jean Buick, artiste plasticien de Baudrecourt, elle s’est retrouvée dans la vitrine de La Rambleur grâce au prêt de madame Danielle Caron, résidente à Cirey-sur-Blaise. Les valises ont été apportées par madame Dominique Le Gale, aussi habitante de Cirey-sur-Blaise. Les petits trains sont un prêt de madame Anne-Marie Lizambert, habitante de Charmes-La-Grande e présidente de La Rambleur. Un train en chocolat fabriqué par la Patisserie Collas se trouve également exposé. Cath, la voisine fleuriste a apporté le képi de son père, ancien cheminot et un cendrier trouvé dans une brocante. Comme il se passe régulièrement, le cabinet de curiosité de La Rambleur est une création collective qui permet de donner à voir des échantillons d’imaginaire.

Temps Entretemps Contretemps

Eté -Automne 2020

Le contretemps est dans l’ordre du jour. 6 mois après le début de l’épidémie du coronavirus, le temps n’a plus le même sens. Confinement, déconfinement, possible reconfinement. Et entretemps, la Rambleur conçoit un nouveau cabinet de curiosités. En symphonie avec la thématique du deuxième numéro de la Revue Amplitudes, elle invite deux adolescentes, Pauline et Alice à investir ses vitrines. Mention à Monique qui y a, elle aussi, installé ses petits carnets et d’autres objets. L’art du pliage qu’elle a au bout de ses doigts renvoie aux plis spatio-temporels dans lesquels nous vivons

La Chambre du confiné

Printemps 2020

Le premier confinement en mars 2020 a été l’occasion pour les amis de La Rambleur d’écrire à distance. Nous nous sommes donné un sujet : Si le virus pouvait s’exprimer en mots, que dirait-il ? Chacun dans son coin a écrit. Les réseaux sociaux nous ont permis de partager nos textes, de ne pas perdre le lien qui s’était créé entre les participants des ateliers d’écriture.  La Revue Amplitudes a publié une partie de ces productions. Chacun, seul avec sa plume, a mis sa touche.  Ce cabinet de curiosité a été inspiré par l’imaginaire de la solitude. Que se passe-t-il dans la chambre du confiné ?

De Joinville à Joinville

Hiver 2019

Ce cabinet de curiosité a comme thématique le site archéologique de l’imaginaire. En essayant de retracer les liens entre Joinville en France et Joinville au Brésil, nous partons des « vestiges ». Dans le cas de Joinville en France, le vestige surplombe la ville, il s’agit du château d’en haut. Dans le cas de Joinville au Brésil, les sambaquis sont des sites archéologiques où l’on retrouve des amas de coquillage et des ossements.

                                                       Sambaqui

                                      Œuvre des temps, abri de vies et de morts bâti

                                      De coquillages, d’os, d’outils, bel amas,

                                      De l’oubli errant des ères désertées, le maquis,

                                      Des vestiges d’une civilisation qui succomba.

                                      Bien avant que d’autres n’y retrouvent leur paradis :

                                      Entre elles une belle et nouvelle Joinville s’élança,

                                      Fleurie et tropicale, pleine de joie et de vie,

                                   Là où autrefois un monde finit et un autre recommença,

                                      Voici, mesdames et messieurs, des traces de quoi ?

                                      D’un autrefois qu’on connait aujourd’hui : Le Sambaqui

                                      Œuvre des temps, abri de vies et de morts bâti,

                                      De coquillages, d’os, d’outils, bel amas,

                                      De l’oubli errant des ères désertées, le maquis,

                                      Vestiges des fossiles des festins d’autrefois :

                                       Demeure sacrée des cueilleurs-pêcheurs de jadis,

                                      Bien avant que d’autres n’y retrouvent leur paradis :

                                      Entre elles une belle et nouvelle Joinville s’élança,

                                      Fleurie et tropicale, pleine de joie et de vie,

                                   Là où autrefois un monde finit et un autre recommença,

                                      Voici, mesdames et messieurs, des traces de quoi ?

                                      D’un autrefois qu’on connait aujourd’hui : Le Sambaqui

L’Habit fait le moi

été-automne 2019

L’habit est une seconde peau qui nous accompagne dans nos vies quotidiennes, dans des moments banals comme dans des moments singuliers.  Que ce soit « l’habit du dimanche », celui de soirée, la tenue de maison, celle portée lors d’un voyage ou d’une randonnée, ces pièces racontent une partie de nos histoires de vie. Dans ce cabinet de curiosité, des habits ont été associés à des personnages de la littérature, ceux qui « habillent » notre imagination. Le choix des habits-personnages féminins n’est pas hasardeux. Si les modes de la mode sont particulièrement tyranniques avec les femmes, elles arrivent parfois à caricaturer leur propre caricature. Quelle tenue portent Madame Bovary, Simone de Beauvoir, Dulcinée et tant d’autres personnages et écrivains ?

Au commencement était le papier

Printemps – été 2019

Commençons par le commencement. La Rambleur s’ouvre à Joinville comme une porte d’entrée à l’écriture et à la lecture. Ainsi, son cabinet de curiosité inaugural rend hommage au papier. Le papier est le support de transmission des plus génuines expressions humaines : tous les arts de la parole, le dessin, la photo… Il est également le véhicule d’une communication plus intime, le billet, la lettre, désormais dématérialisée, le petit mot d’amour, du faire-part ; il est porteur de notes, des factures, des ordonnances ;le papier transmet en silence, en élégance, en discrétion et intimité. Le papier est vivant, il vieillit, il jaunit, il s’effrite, il brûle…Chaque bout de feuille installé dans les vitrines est le début d’une nouvelle histoire.  Vides depuis des années, elles n’ont pas cessé de surprendre les passants qui constatent l’arrivée des livres, des photos, de cartes postales. Petit à petit, ces flâneurs se sont arrêtés pour apporter leurs contributions. Cela s’est fait de manière spontanée. L’ancien imprimeur qui fréquentait le bistrot d’en face est venu avec des caisses de documents et même avec une ancienne presse. Un de ses copains, avec des livres et des cartes postales. Le philosophe, lui, a apporté quelques-uns de ses manuscrits et la vitrine a évolué à chaque jour. Difficile de la montrer dans tous ses états, voici un aperçu de quelques moments.